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La France qui reste attractive – quelques exemples à suivre

Dans un contexte de mondialisation, l’attractivité est devenue l’enjeu principal. Bien évidemment, chaque pays essaie d’obtenir le « label « d’un site attractif – le garant de confiance auprès des partenaires économiques du monde entier. Ces derniers temps, on entend dire que l’attractivité de la France laisse à désirer par rapport à ses concurrents européens, et que notre pays ne semble plus intéressant pour les investisseurs étrangers. Pour dénoncer ces stéréotypes, l’Agence française pour les investissements internationaux s’est lancée dans une enquête ayant comparé de multiples données économiques des 14 pays de l’OCDE. Les résultats de cette étude, publiés le 18 novembre dernier, montrent bien que l’Hexagone garde sa place parmi les sites les plus attractifs du monde.

 


1ère destination européenne des investissements étrangers

D’après le classement de l’AFII, 2 investisseurs sur 3 choisissent la France, tandis qu’en 2008 seulement 53 % des investisseurs étrangers trouvaient l’Hexagone attractif. Cette confiance est renforcée par les projets de développement dévoilés par les investisseurs – 33 % envisagent de renforcer l’implantation de leurs entreprises sur le sol français.
Alors, qu’est-ce qui détermine les choix de localisation économique?
Tour d’abord, c’est l’environnement offert aux entreprises qui compte. La France se situe sur la première marche du podium européen en termes d’incitations fiscales à la R&D dans les entreprises. Forte du crédit d’impôt recherche, notre pays propose aux entreprises innovantes un système d’incitation fiscale sans précédent en Europe qui favorise la recherche partenariale. En 2012, près de 2000 entreprises étrangères implantées en France ont profité du crédit d’impôt recherche.

En termes de stocks d’investissements directs étrangers (IDE), notre pays se trouve au 4ème rang dans le monde derrière les Etats-Unis, la Chine et le Royaume Uni. Et en Europe, la France accueille le 2ème stock d’IDE.
L’attractivité d’un pays se traduit aussi par la capacité des nouveaux sites ou des services étrangers installés en France de créer des emplois. En 2013, la France a accueilli 685 projets associés à la création ou au maintien de 29 631 emplois, soit 16 % des investissements étrangers créateurs d’emploi en Europe selon les données de l’Observatoire Européen de l’AFFII.

Site d’innovation

Aujourd’hui, La France est le 2ème pays d’accueil des projets de recherche et de développement (R&D), dont l’implantation est un facteur stratégique propice à la croissance économique et, donc, à l’attractivité du territoire français. Entre autres, notre pays offre aux PMI et ETI innovantes un service de financement de proximité, ce qui comprend plusieurs types d’aide financière et de conseil.
Un autre dispositif, le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), a pour objet de soutenir les PME innovatrices de moins de 8 ans, en leur proposant certains avantages fiscaux.
En essayant d’encourager les innovateurs étrangers, la France fait la preuve de sa propre progression dans les nanotechnologies et les biotechnologies, ainsi que dans la gestion environnementale générale. Cette dynamique en matière de R&D, en croissance depuis 2007, permet de promouvoir la France comme terre d’innovation et, donc, renforce son attractivité.
La compétitivité des entreprises nationales reste un objectif essentiel à atteindre pour rester attractif sur le marché mondial. Et c’est l’innovation qui est au centre de notre stratégie avec la mise en place du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, annoncé par le Premier ministre le 6 novembre 2012.

Attractivité des territoires français

Le « combat » pour l’attractivité est mené par tous les territoires français, en essayant d’attirer les investisseurs et les citoyens qui aimeraient quitter Paris pour mieux vivre sans stress. Pourtant, dans cette compétition, les villes françaises ne sont pas égales.
Aujourd’hui, nos territoires sont fortement polarisés : la métropole parisienne et une douzaine d’agglomérations restent les plus visibles. Cette disparité territoriale est due entre autres à l’implantation des groupes internationaux. Ainsi, Paris et les grandes villes telles que Lille et Lyon, sont les plus attractives sur le plan international. D’ailleurs, dans les territoires plus éloignés de Paris, on peut découvrir de forts potentiels, mis en valeur à l’aide de la politique des « clusters » – 73 pôles de compétitivité et 126 grappes d’entreprises implantées en France. Comme le rappelle l’AFII, ces structures soutiennent les initiatives économiques novatrices sur un territoire en favorisant le partenariat. Le prochain tournant de la politique des « clusters » pourrait être leur transformation en « usines à produits d’avenir », qui permettra de matérialiser des efforts collaboratifs en matière de R&D.

Carte des 71 pôles de compétitivité français. Source: Ministère de l'industrie

Carte des 71 pôles de compétitivité français. Source: Ministère de l’industrie

Les facteurs-clés d’attractivité d’un territoire sont notamment la qualité des infrastructures de transport et infrastructures numériques. Aujourd’hui, la France reste performante avec son réseau de connections autoroutières et ferroviaires, et on promet de tripler les lignes ferroviaires à grande vitesse d’ici à 2030. L’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle occupe la 2ème place du classement en termes de transport des passagers en Europe, juste derrière l’aéroport London Heathrow. L’Hexagone ne se contente pas de ce succès et prévoit la création d’un nouvel aéroport international dans l’Ouest français, dont l’implantation est envisagée sur les communes de Notre-Dame-des-Landes, Vigneux-de-Bretagne, Grandchamps-des-Fontaines et Treillières en Loire-Atlantique.

Concernant la pénétration de l’internet haut débit, l’Hexagone est en pleine progression et se trouve à la 2ème place, devant les Etats-Unis et le Japon, avec ses 37 % d’abonnés à un réseau fixe en 2013. Pour le développement du numérique, le gouvernement français s’engage à couvrir l’ensemble du territoire français en très haut débit d’ici 2022.

Qualité de vie

Un atout incontestable de la France en termes d’attractivité est son système public permettant un accès gratuit aux services de qualité dans les domaines de l’éducation et de la santé. D’après les données de l’OCDE, l’Hexagone se trouve en tête des pays évalués, avec son système de santé le plus accessible financièrement. Les dépenses publiques de protection sociale en France sont aussi les plus importantes – 33% du PIB y est consacré. Et comme le montrent les statistiques, le résultat de cette politique est clair : l’espérance de vie des Français est de 82 ans, environ 2 ans au-dessus de la moyenne de l’OCDE.
L’environnement naturel compte également sur le plan du bien-être des habitants. C’est un élément d’attractivité qui compte de plus en plus, dans un contexte où le monde entier cherche à préserver la nature en développant les énergies renouvelables. En 2012, la France est au 2ème rang des pays producteurs d’énergie primaire tirée des énergies renouvelables. Il est aussi important à noter que la France est le seul pays producteur d’énergie marine dans l’Union européenne.

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Compétences étrangères

La capacité à former les jeunes talents du monde entier se situe également parmi les indices d’attractivité. La France est au 4ème rang mondial avec plus de 270 000 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur. Ainsi, la mobilité géographique des étudiants qui a doublée depuis 2000 selon l’AFII, joue fort sur l’attractivité de l’Hexagone en proposant les programmes de recherches de haut niveau, suivis par 42 % d’étudiants.

Points faibles

Bien évidemment, les avantages de notre pays en matière d’attractivité sont contrebalancés par quelques points faibles qui restent à corriger. D’après l’étude, le taux d’imposition en France est le plus important par rapport aux autres pays de l’échantillon. Pour comparer, seulement l’Autriche, l’Allemagne et la Belgique exercent une pression plus importante pour un célibataire sans enfant gagnant un salaire moyen.
Un autre point de critique, les charges administratives en matière d’emploi sont élevées. Et le coût de travail est jugé comme un handicap par 70 % des dirigeants des entreprises étrangères, selon les résultats d’un sondage de TNS SofresAFII.

Quant à l’environnement des affaires en général, selon les critères de la Banque mondiale, la France occupe une position moyenne: 38ème place parmi 189 économies évaluées.

Bien que les avantages économiques de la France en matière d’innovation, de compétitivité et d’investissement restent incontestables, notre pays a besoin de faire tout son possible pour maintenir sa position sur le marché mondial. D’autant plus que le caractère très volatile de l’attractivité contraint à l’amélioration constante des conditions d’accueil et d’accompagnement des investisseurs. Ceci peut être possible à travers la mise en place des réformes favorisant l’essor du développement technologique et d’innovation, sans oublier l’amélioration de l’environnement administratif et réglementaire.

Tatiana Pugacheva

A propos de Olivier Dasse-Hartaut (84 articles)
Co-fondateur d'eTerritoire.

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