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L’enracinement territorial vécu et raconté par des étudiants

L’idée naît un été alors que 3 amis passent leur vacances dans le sud-ouest de la France. Au gré de leurs pérégrinations, ils trouvent des français qui vivent dans des villages parfois reculés. Des rencontres qui sont autant d’histoires, d’anecdotes. Arthur, Antoine et Clément rentrent enchantés de leur périple et décident de parler de cette France parfois oubliée.

Leur projet de documentaire est né. S’en suit une levée de fonds sur le site de financement participatif Kisskissbankbank, la recherche de partenaires, un tournage l’été suivant… et le montage de leur film. Ce dernier est en cours de finalisation, mais nous avons voulu en savoir plus sur ce qui a motivé nos 3 reporters à parcourir les territoires ruraux du sud de la France, à la recherche de cet « enracinement territorial ».

Qui êtes-vous, en quelques mots..?

Arthur est en master à Sciences Po Paris, Antoine en droit à Reims et Clément en cinéma à la Sorbonne-Nouvelle. Nous sommes des amis d’enfance, aux parcours différents mais tous les trois enthousiasmés par les rencontres inattendues et l’écoute de ces parcours de vie. Ce projet était la concrétisation de ce qui nous lie ! Lorsque l’on s’assoit devant un comptoir, survient toujours un tête à tête étonnant. Nous avons vite compris qu’être ouvert à la discussion et aux gens était la clé, pour ce projet et même dans notre quotidien. »

Pourquoi avoir monté ce projet?

equipe enracinement cafesTout est parti d’une entrevue. Lors d’un road trip dans le Gers, il y a deux ans, nous avons rencontré Madame Cécile au Brouilh-Monbert, tenancière du bistrot de l’Union depuis 39 ans. Son témoignage nous a touché et nous nous sommes promis de revenir, avec l’envie de donner la parole à ces figures villageoises, souvent isolées. Tout s’est fait rapidement – la documentation et l’auto-production – et seulement un an après, nous sommes repartis sur les routes du Sud-Ouest, pour aller à la rencontre de ces gérants de bistros et café de campagne, que l’on pensait en voix d’extinction.

Qu’est ce qui vous a marqué durant le tournage?

Les confidences facilement obtenues par des tenanciers se retrouvant pour une fois de l’autre côté du comptoir. Beaucoup nous l’ont confié : ils écoutent les problèmes et les histoires de leurs clients à longueur de journée mais personne ne s’intéresse aux leurs. Nous étions là pour leur donner la parole, en nouant parfois une véritable relation de confiance. Par ailleurs, plus nous avancions dans notre projet et plus la perception que nous avions des cafés de village a été bousculée. Nous nous sommes rendus compte qu’en dépit de certains cafés désertés, renaissent des initiatives porteuses d’espoir. En effet, nombreux sont les tenanciers motivés par un objectif : faire revivre leurs villages. Pour cela ils n’hésitent pas à innover (restaurant, soirées à thème, ambiance familial) afin de faire venir revenir les habitants autour du zinc.

Parcours du tournage

 

Quelle est la suite du projet?

Nous avons prévu d’organiser des projections à partir du mois de juin à la Sorbonne-Nouvelle, dans différents cinémas et à Reims notre ville d’origine, avant de l’envoyer dans des festivals. Nous allons aussi certainement retourner dans le Gers afin d’organiser des projections chez les tenanciers rencontrés. Nous voulons faire vivre ce documentaire, que les gens se rendent compte d’une certaine situation rurale et de l’importance des cafés, qu’ils ne restent pas sur leurs idées reçues.

Enfin, nous considérons ce documentaire comme un premier projet, porteur d’une réelle dynamique, qui nous motive pour la réalisation d’un second ;  plus produit et abouti, il  aurait toujours pour fil conducteur les relations humaines et la ruralité française.

Documentaire a l_ombre des cafes

Un film à paraître bientôt, à suivre donc !

A propos de Olivier Dasse-Hartaut (45 articles)
Co-fondateur d'eTerritoire.