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Territoires ruraux : de nouveau attractifs ?

Le 8 Septembre dernier, Géraldine Russell, du Figaro s’interrogeait sur « Les campagnes, nouvel eldorado du numérique ? ». La journaliste présentait les différentes initiatives informatiques développées dans les ruralités d’Eure-et-Loir, de la Lozère, de l’Ardèche et du Gard pour relancer les économiques locales grâce aux technologies. Diffusion du haut débit sur l’ensemble des territoires, expansion du télétravail… Autant d’avancées qui favorisent l’attractivité des territoires ruraux. Parallèlement, selon les dernières études, de nombreux français rêvent de s’installer au vert.

Comment expliquer ce phénomène ?

Face au rythme infernal de la ville, de nombreux citadins souhaitent rompre la monotonie du « métro boulot dodo ». Cette dynamique s’explique par la volonté des français de retrouver l’essentiel, un cadre de vie agréable où il fait bon vivre, loin de ses embouteillages et de la pollution. En témoigne, depuis 1960, la démographie des espaces ruraux et périurbains n’a cessé d’augmenter.

Mieux vivre ailleurs - eTerritoire

Ces derniers ont connu un développement exceptionnel grâce à une importante modernisation des infrastructures.
Désormais connectés aux grandes villes, les territoires périurbains dits « edge cities » jouissent à la fois du rayonnement des grandes agglomérations et offrent des conditions de vie idéales. Socialement d’abord ; ces espaces semblent rapprocher les individus, contrairement à la ville où l’anonymat est roi. Économiquement, ces territoires restent attractifs avec un coût de l’immobilier moindre et un coût de la vie généralement plus faible qu’en ville. On citera par ailleurs les grands espaces, la verdure et le calme souvent recherchés par de nombreux parents pour l’épanouissement de leurs enfants. Selon l’Insee, 200 000 franciliens, majoritairement des trentenaires et des jeunes familles s’installent par exemple en province chaque année. Cet « exode urbain », a ainsi concerné près de 5,3 millions de personnes de 1968 à 2009, d’après Pierre Merlin.

Toutefois, les nombreux avantages de ces territoires restent à nuancer. Malgré le souhait de près de 70% d’actifs de s’installer dans un cadre de vie plus agréable, ces espaces, notamment les plus ruraux ne répondent pas toujours à leurs attentes. Outre le manque de visibilité de ces collectivités rurales qui compromet leur attractivité (seules 30% des communes françaises sont équipées d’un site internet), il est vrai que ces territoires portent aussi des inconvénients.
La difficulté pour trouver une opportunité professionnelle, la dépendance à la voiture, nécessaire pour vivre, accéder à la culture, aux services publics et aller au travail sont les principaux désavantages évoqués par les acteurs de l’exode rural. De fait, on observe ainsi des disparités entre les territoires, des plus petites communes aux edge cities, mais également d’une région à une autre. Ainsi, selon l’étude du site changerdeville.fr, Lyon serait l’agglomération la plus attractive de France, devant Toulouse et Nantes. Pour les villes de 100 000 à 200 000 habitants, Saint-Etienne devancerait Angers, Grenoble et Clermont Ferrand. Viendraient ensuite Chambéry, pour les communes de 50 000 et 100 000 habitants et Rodez celles de moins de 50 000 habitants.

Et vous, ville ou campagne ?

Alexis Sailly.